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Lexington, le nouveau pari de LuxE

· Clément Damay

De la Seine Saint-Denis au Val d’Oise, du Bronx à Seine Zoo, de simples freestyles à sa référence dans le refrain Squa de Nekfeu « J’arrive Luxe comme Yass », d’être breakeur à se lancer dans le rap, Luxe, en cassant toujours les codes, est passé par plusieurs chemins pour en arriver là, et le voilà de retour avec un son premier street album : Lexington.

Connaître Luxe

Inconnu du grand public consommateur de morceaux radiophoniques, Luxe n’en est pas moins une tête connu dans ce rap jeu. Si vous avez consommé sans modération le dernier album de Nekfeu : Cyborg, et en particulier le morceau Squa qu’il a joué à Bercy lors de l’annonce surprise de cet album, alors vous avez clairement scandé le nom de Luxe sans forcément le savoir : « J’arrive Luxe comme Yass ». Oui, il s’agit bel et bien de notre Luxe de cet article.

Au-delà d’avoir été cité dans un morceau devenu single de diamant et d’être sous le label Seine Zoo du même rappeur, Luxe a.k.a Nasty Yass avait déjà sorti en 2016 une mixtape intitulée Mixtape Luxe. Il s’agissait là que d’une mise en bouche de sa future carrière, mais cette mise en bouche était un véritable apéro de qualité. Dans cette mixtape on peut y retrouver des morceaux phares comme J’ne sais pas comment faire (lien vidéo) ou encore l’excellent Ghetto Superstar (lien vidéo) mais aussi la présence de featurings avec des membres de l’Entourage comme Framal, Mekra, 2zer, Eff Gee, Doums ou encore Jazzy Bazz.

Avant de réorienter sa carrière artistique vers la musique grâce aux membres de l’Entourage qui l’ont pris sous leurs ailes, Luxe était un breakeur qui évoluait dans la banlieue parisienne et qui en 2006 part à l’aventure dans le Bronx (un des cinq arrondissements de la ville de New York, connu pour être le berceau de la culture hip-hop, ndlr). S’adaptant de la meilleure des manières dans cette nouvelle vie, il cumule alors les expériences enrichissantes qui seront les sources même de sa lancée dans le rap suite à sa rencontre avec les membres de l’Entourage en 2011.

Analyse de Lexington

Et c’est sur quelques notes de piano et un couplet unique que ce street album de Nasty Yass s’ouvre. Commanditaire vient clairement faire comprendre ce à quoi les treize autres morceaux du projet vont ressembler. Ce qu’on ressent aussi dans le morceau qui le suit : Fascinant (lien vidéo) ; qui était le premier extrait dévoilé de ce street album. Fascinant est un morceau très réussi d’autant plus qu’il est composé en trois couplets, séparés par des ponts composés d’extraits du morceau Hustler’s Ambition de 50 Cent (lien vidéo).

Par la suite, Luxe nous propose des morceaux où l’on retrouve des refrains constitués d’épiphores, c’est-à-dire des refrains où l’on a une répétition d’un mot ou de plusieurs, on avait déjà retrouvé cela dans le fameux A A A de PLK (lien vidéo), mais aussi dans la première mixtape de Luxe dans le classique Je ne sais pas comment faire. Ce système est présent dans le son Minimum (lien vidéo) ou encore Marionette (en concert ces morceaux vont faire hurler la fosse au moment des épiphores, ndlr) mais aussi dans un style conscient dans le featuring avec Deen Burbigo dans J’étais là. En effet, Luxe a aussi fait appel à quelques membres de L’Entourage qui apportent des véritables bonus dans ce street album : Deen Burbigo sur J’étais là, 2zer Washington sur Horloge Biologique et Mekra sur Intellect.

Enfin, que serait un projet musical sans quelques morceaux construits avec un refrain ? Picasso, Tempête de Neige ou Attitude dont la prod de ce dernier a été un véritable effet de surprise dans nos oreilles et qui le rend le morceau très bon ; viennent s’oppsoer à des couplets simples comme dans Commanditaire, Meilleur ou Aquamarine.

Mais parmi tous ces morceaux, on a un sacré classique et il s’agit de Corrosif (lien vidéo). Effectivement, ce morceau a fait parler de lui au mois d’août avec son clip, une véritable bombe. Qu’est-ce qu’on entend par bombe ? Une bombe musicale c’est quand toutes les étoiles sont alignées pour former un titre à se briser la nuque : un prod puissante, des paroles glaçantes et tout ça dans une interprétation intense pour former une comète musicale qui vient écraser toutes les autres sorties de la semaine.

A l’opposer d’une énorme bombe artistique, dans un morceau moins agressif, on a la track : Expérience. Ce morceau, sur des aires plus mélancoliques, est une véritable pépite musicale, et c’est, pour 16 Mesures du moins, le meilleur morceau de ce street album riche en qualité.

Pour conclure, ce premier street album Lexington (surement en référence à Lexington Avenue à New York, ndlr) apporte un véritable souffle à l’essence même du rap qui aujourd’hui à tendance à se diversifier et à se mélanger à d’autres genres musicaux. Et c’est en prenant les codes essentiels pour faire un rap de grande qualité, mélangé à des textes très travaillés et techniques tout cela posé sur en autres des prods de Hugz Hefner, Hologram Lo’, VM The Don ou encore L$30, que Luxe réussi son street album de la meilleur des manières.

5 Punchlines de Lexington séléctionnées par 16 Mesures

« Le pire avec les cicatrices dans le dos dans l’dos c’est qu’tu les sens mais qu’tu peux pas les voir. » - Fascinant

« Vous avez rien à dire et en plus de ça vous l’dites mal. » - Minimum

« J’me pose tellement de questions que j’finis par maudire mon intelligence. » - Meilleur

« Nique tous ceux qui disent être avec toi mais te quittent juste quand ça va pas. » - Corrosif

« J’crois trop en Dieu pour m’suicider, pas assez pour être heureux. » - Expérience

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