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PLK, DU PLATINUM SOUS LA PEAU

Retour sur l'ascension du jeune rappeur et analyse de son nouveau projet, Platinum

· Clément Damay

À la découverte de PLK

Avec la sortie de son nouveau projet Platinum, disponible à l’achat depuis vendredi dernier, PLK confirme son statut de nouveau visage du rap francophone : bien que certains le connaissent déjà par l’intermédiaire du groupe Panama Bende, sa carrière en solo connait une véritable ascension depuis son projet Ténébreux paru en septembre 2017.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, PLK, de son vrai nom Mathieu Pruski, est un jeune rappeur né en 1997. Il est d’origine polonaise, d’où son nom d’artiste « PLK », qui sont les consonnes du mot « Polak » (polonais, ndlr). PLK est originaire du 14ème et côtoie les quartiers de Clamart (92). Petit, il est initié à la musique par ses parents, ce qui lui permet de se découvrir une passion pour le rap. C’est vers l’âge de 9 ans qu’il commence à vouloir rapper ; il explique dans une interview dédiée à Génération qu’il aimait rapper un couplet de Lefa et le faire passer pour le sien dans la cour de récréation. Ce goût pour le rap lui fait écrire ses premiers textes vers ses 12 ans. Deux ans plus tard, il apparaît pour la première fois aux côtés de Nekfeu sur Skyrock, qui lui donne quelques mesures pour s’exprimer (lien vidéo). En parallèle avec la musique, il gagnait sa vie en travaillant dans un garage pendant plus de trois ans, mais finalement il décide de consacrer sa vie au rap.

Sa précocité dans l’écriture lui fait acquérir une aisance dans son flow, ce qui lui permet de se diversifier dans sa façon d’aborder et de choisir ses prods. Son premier vrai projet voit le jour en 2015 : Peur de me tromper. Ensuite en 2016, son groupe Panama Bende sort Bende Mafia et lui dévoile en fin d’année le projet Dedans, qui est composé, comme pour son premier projet, de 5 titres aussi. En 2017, Panama Bende sort ADN, et lui sort son premier vrai projet solo : Ténébreux ; il est composé de 11 titres, ce qui nous permet de mieux découvrir cet artiste avec son flow varié et ses morceaux aux sonorités différentes. Entre temps, PLK rejoint le label Panenka Music, mené par Fonky Flav, qui le conseillait depuis déjà quelques années. Son succès progressif nécessitait d’être confirmé avec un nouveau projet en solo, un nouveau projet qui s’intitule Platinum.

Analyse de Platinum

Alors qu’il terminait la promo de son projet Ténébreux, c’est pendant le réveillon qu’il dévoile l’arrivée d’une nouvelle mixtape dans un enregistrement d’écran d’une discussion. Dans cet échange, PLK dévoile aussi le titre Flamenco. Deux semaines plus tard, il sort le premier extrait de ce projet, qui s’intitule Pas les mêmes (lien vidéo). Dans ce morceau, le message « Nouvelle mixtape, nouveau flow » va venir éveiller la curiosité de ce nouveau projet. En attendant le 30 mars, PLK aura dévoilé deux autres clips Dis-moi oui (lien vidéo) et Platinum (lien vidéo), mais aussi deux freestyles un pour Booska-P, Pas besoin, qui est la première track du projet (lien vidéo), en compagnie de Mister V ; on aura l’occasion de retrouver les deux rappeurs sur un titre commun, Lambo, pour la B.O de Taxi 5. Puis un freestyle bouillant et inédit sur le Règlement (lien vidéo).

         Platinum propose 17 titres dont le bonus Flamenco : il possède des morceaux très variés dans ses prods. On retrouve tout de même une identité similaire au projet Ténébreux sorti 7 mois plus tôt, et PLK ne le cache pas dans le titre Homies : « J’te le répète : « Vendre, fumer : j’fais les deux, Tu veux l’feat ? Mets les E », épisode 1 : Ténébreux ». On remarque que PLK a acquis une certaine maîtrise de lui-même dans ses choix pour Platinum. En effet, le rappeur semble s’être beaucoup plus extériorisé dans cette nouvelle mixtape, montrant ainsi une certaine confiance en lui, et même si ce nouveau projet était attendu, la diversité et la facilité qu’a PLK dans sa musique permet de satisfaire tout le monde.

Ce qui marque dans un premier temps lorsqu’on écoute ce nouveau projet, c’est le choix des prods et la manière dont il pose dessus. En effet, dans des titres comme Homies, High ou encore Go, on découvre des prods très planantes et mélodieuses, où PLK choisi de rapper plus rapidement lors des couplets et d’être plus calme lors des refrains, ce qui créé une alchimie musicale qui nous fait transporter dans un mood et un univers totalement différents des autres prods du projet. On a par ailleurs des titres où PLK décide de kicker très fort comme sur Pas les mêmes ou Platinum, ou encore sur le titre Pas besoin sur une prod d’Hologram Lo’, on a aussi des titres où son flow est plus posé avec des refrains qui restent facilement en tête pour Izé, Niveau ou Flamenco.

Comme il avait pu le faire pour le titre Casino dans son projet Ténébreux, le titre La rue est une storytelling (morceau qui raconte une histoire) : PLK pose d’une manière plus obscure pour raconter l’histoire d’un jeune de cité prédestiné à être un voyou et qui devient dealer. Ce style de morceau est ce qu’il y a de plus dur à écrire car il nécessite une certaine perfection dans le choix d’écriture, chose que PLK a tout à fait réalisé dans le morceau. Comme mentionné plus tôt dans cet article, on a une véritable diversité dans les morceaux de ce projet : un changement de prod dans Platinum, une réplique de Rocky dans Mentalité ou encore un extrait du générique du dessin animé Les Ratz dans le titre High. La mixtape est aussi composée de morceaux plus mélancoliques et conscients avec Mentalité, 260 ou C’est grave, qui viennent s’opposer à des titres plus rythmés et plus dansants comme Dis-moi oui et Copine, où le sujet central est sa relation avec les femmes. Une track est bien différente des autres, c’est la quatrième du projet, A A A : on sent un véritable travail technique pour cette construction des rimes qui terminent de manière épiphorique (épiphore : répétition de la même proposition en fin de vers, ici « A A A »).

Pour ce qui est des featuring sur le projet, ils sont deux : le premier avec Lefa sur Colis Piégés et le second avec Krisy sur Go. Le feat avec Lefa connait une saveur particulière pour PLK, qui rappelons le, s’amusait à réciter un couplet du rappeur dans la cour de récréation. Dans cette collaboration, ils vont poser un couplet chacun leur tour, avec la volonté d’augmenter le niveau et l’intensité du flow ; les refrains semblent être là pour calmer cette incendie musical. Ce feat prouve que PLK a le talent pour s’imposer sur le devant de la scène et rapper sans complexes aux côtés des plus grands. La seconde collaboration est avec Krisy, qui depuis le projet Dedans a son feat sur chacun des projets du polak, ce qui montre une vraie complicité entre les deux rappeurs (Krisy est son ingé-son et mixeur, ndlr). Le son Go nous transporte psychologiquement par sa musique planante, une vraie réussite vue que le thème est celui de partir voyager et de quitter le quotidien.

Pour conclure, la mixtape Platinum est une véritable réussite musicale, PLK arrive à la fois à mélanger différents styles de prods avec différentes manières de poser et s’élargit dans les thèmes à aborder, comme la réussite, sa famille, les femmes, les problèmes qu’il a pu rencontrer… Sa diversité est dû à sa culture musicale très développée, et il ne cherche pas par ailleurs à reproduire, ni à imiter ce qui se fait dans le rap francophone ou même à se conforter dans ce qu’il sait déjà faire. Il tente dans Platinum de nouvelles choses d’où le « Nouvelle mixtape, nouveau flow » qui se confirme à l’écoute du projet. Bref, tout ça pour dire que le Jeune Polak a tout cassé et qu’on attend déjà son prochain projet solo ou collectif avec le Panama Bende, ou encore des futures collaborations sur les projets d’autres artistes.

5 Punchlines de Platinum sélectionnées par 16 Mesures

« Il veut la beuh d’Hollande, le shit d’Espagne

Pour ravitailler les chiens qui se prennent pour Bob Marley » - La Rue

« Personne va m’arrêter ici-bas parce que c’est moi qu’ai les keys comme Alicia » - Colis Piégés

« Fin d’la parenthèse, j’vais brûler l’rap en charentaises

J’arrive à pas d’géant, j’suis le moment gênant quand tes parents baisent. » - Platinum

« Si t’es mon bras droit, qui est l’épaule ? J’me pose la question depuis tout jeune

Même si j’ai pleins d’potos, je sais que sous terre je s’rai tout seul » - 260

« Des fois on pense que l’amitié est belle mais en fait c’est qu’une pute qui a ses clients préférés » - C’est grave

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